Se lancer en micro entreprise, c’est simple sur le papier : quelques clics sur le site de l’URSSAF, et te voilà officiellement indépendant.e. Mais certains détails importants à connaître ne sont pas connus (pour le coup, j’ai été la première de toutes mes amies/entourage à se lancer en micro-entreprise, alors autant vous dire que toutes les galères, je les ai eues) les détails dont je vais parler plus bas, peuvent avoir un réel impact sur ta trésorerie dès la première année. Je te partage ici tout ce qu’il faut savoir avant de te lancer en 2026.
Bien choisir sa date de création
(Bon sauf si tu n’as pas trop le choix comme moi j’ai dû l’ouvrir début décembre et tu comprendras pourquoi et comment ça a eu un impact).
J’ai créé mon entreprise le 9 décembre 2017 (oui, cette année, je fête les 9 ans de mon entreprise, je n’aurais jamais cru dire ça un jour ! ) pensant que ça ne changerait rien (je l’ai compris un an plus tard) résultat : mon année fiscale, ne portait que sur un mois de mon activité (car c’est en année calendaire, et non en en année d’exercice. J’ai basculé beaucoup plus vite pour le paiement de la CFE). En 2017, et encore de nos jours en 2026, toute entreprise est exonérée de CFE (cotisation foncière des entreprises – ton droit d’exercer) que tu l’as créé le 2 janvier ou le 31 décembre, tu ne paies rien la première année (et ça c’est plutôt cool !) Donc en apparence, la date n’a donc pas d’importance, sauf que ce n’est vrai qu’en surface.
Le vrai enjeu se situe l’année suivante. L’année qui suit ta création, tu bénéficies d’une réduction de 50 % (à l’époque en 2016, c’était 100 % pour ta pomme, que tu aies ou non gagné de l’argent) sur la base d’imposition à la CFE, avant de payer le plein tarif dès la troisième année.
Donc si tu as suivi jusque-là, si tu crées ton entreprise le 31 décembre ton exonération « gratuite » ne dure en réalité qu’une journée. Dès le 1er janvier suivant, tu rentres directement dans ta période de réduction de 50 % sur une année complète d’activité, déjà bien lancée.
L’inverse, si tu l’as créée début janvier, tu profites d’une exonération totale sur quasiment l’année complète (et on ne va pas se mentir, ça fait du bien au portefeuille) donc ta réduction de CFE arrivera que l’année suivante.
Après si comme moi, tu n’as pas le choix, je te conseille qu’à chaque paiement reçu, tu mets 30 % de la somme de côté pour payer tes cotisations plus la CFE en fin d’année. C’est ce que je fais depuis pour éviter d’être surprise en fin d’année : oui, car la CFE arrive un mois avant Noël, alors autant vous dire qu’on s’en passerait de ce genre de mauvaise surprises.
Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026
Bon, les chiffres et les maths n’ont jamais été mon fort. Mais un moment donné il n’y a plus le choix. L’URSSAF a revalorisé les plafonds de la micro-entreprise pour la période 2026–2028. Ils sont désormais fixés à :
203 100 € pour les activités de vente, de marchandises, de restauration ou d’hébergement.
83 600 € pour les prestations de service commerciales, artisanales et les activités libérales (BIC ; BNC)
Tu veux savoir la différence entre BNC et BIC voici le guide complet pour tout savoir !
15 000 € pour les locations de meublée, et de tourisme non classés
Si tu démarres en cours d’année, ces seuils sont proratisés au nombre de jours d’activité restant (plafond x jour d’activité / 365). C’est le chiffre d’affaires encaissé, et non facturé, qui compte : une facture émise en décembre, mais payée en janvier compte sur l’année suivante.
Les aides de l'état
L’ACRE : une aide à demander, dès la création de ton entreprise et un dispositif qui change en 2026.
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) te permet de bénéficier d’un taux de cotisation sociale réduit pendant ta première année d’activité.
Attention, un changement important, intervient cette année : jusqu’au 30 juin 2026, l’exonération reste à 50% des cotisations habituelles, mais à partir du 1er juillet 2026, ce taux minoré diminue, l’exonération réelle, passe à 25 % au lieu de 50%.
Rappel : l’ACRE n’est pas automatique, il faut en faire la demande auprès de l’URSSAF au moment de la création de ta micro-entreprise.
Les autres aides à connaître qui peuvent t’aider au lancement de ton entreprise.
- L’ARCE (si tu es demandeur d’emploi) versement de 60 % de tes droits au chômage restant sous forme de capital, pour t’accompagner financièrement pour ton démarrage
- Le maintien partiel de L’ARE : une alternative à l’ARCE, pour continuer à toucher une partie de tes allocations chômage en complément de ton activité.
Cotisation sociale et franchise TVA
Le montant de tes cotisations sociales dépendent de la nature de ton activité (vente, prestation de service commerciale/artisanale, activité libérale) et représente un pourcentage de ton chiffre d’affaires encaissé, sans déduction de charges. Les taux ont évolué en 2026, avec une trajectoire à la hausse engagée depuis plusieurs années pour certaines activités libérales. Le montant exact dépend de ta situation, tu peux regarder tout ça sur autoentrepreneur.urssaf.fr car il varie selon ton activité et ton éligibilité à l’ACRE.
Côté TVA, tant que ton chiffre d’affaires, reste sous les seuils de la franchise de base, tu ne factures pas de TVA à tes clients, un vrai avantage quand tu démarres.
Autre astuce à savoir
- Ouvrir un compte bancaire dédié à ton activité (tu peux le faire sur une banque en ligne, pour ma part je suis chez Sumeria (anciennement Lydia) depuis la création de mon entreprise, et avec son système d’enveloppes, je gère beaucoup mieux mon budget et le paiement de mes charges.
Ces informations sont données à titre indicatif pour t’aider à préparer ton projet. Pour ta situation personnelle, je te recommande toujours de vérifier les montants et conditions en vigueur sur les sites officiel (URSSAF) ou de te faire accompagner par un expert-comptable.
Vos questions fréquentes
Le mieux, c’est de la créer en tout début d’année, en janvier. Tu profites d’une exonération totale de CFE quasiment sur l’année complète, et ta réduction de 50 % n’arrive que l’année suivante. À l’inverse, si tu la crées fin décembre comme moi, ton exonération ne dure que quelques jours, et tu passes très vite au tarif réduit puis plein.
Ils dépendent de ton activité : 203 100 € pour la vente, la restauration ou l’hébergement, et 83 600 € pour les prestations de service et les activités libérales (BIC ou BNC). Pour les locations meublées non classées, le plafond est de 15 000 €. Si tu démarres en cours d’année, ces seuils sont proratisés au nombre de jours d’activité.
Ça dépend de la nature de ton activité : commerciale ou artisanale pour le BIC, libérale pour le BNC. C’est un point à vérifier dès la création, parce que ça conditionne ton taux de cotisation et ton régime fiscal. J’ai détaillé tout ça dans [ce guide complet sur le BIC et le BNC].
Non, et c’est un piège classique. L’ACRE te permet de bénéficier d’un taux de cotisation réduit la première année, mais il faut en faire la demande toi-même auprès de l’URSSAF au moment de la création. Personne ne te le rappelle. Autre point à surveiller : depuis le 1er juillet 2026, le taux d’exonération est passé de 50 % à 25 %.
Oui, dès que ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € sur deux années consécutives, un compte dédié à ton activité devient obligatoire. Mais même en dessous de ce seuil, je te le conseille dès le départ : ça simplifie énormément le suivi de ta trésorerie et le paiement de tes cotisation